Archives 1er semestre 2015

Triennale de l’art et du végétal

Ville d’Ath (Belgique)

14.05 - 31.08.2015

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Communiqué de presse


Initiée par la Ville d’Ath, en collaboration avec la Maison Culturelle, la 3e édition de la Triennale de l’Art et du Végétal a pour thème « la démesure ». Elle investit une douzaine de lieux avec des installations disposées sur un parcours public, que les visiteurs découvrent au cours des mois d’été. Cette année, Goliath et les géants, personnages hautement traditionnels de la ville, sont souvent invités dans les œuvres.



































Exposition du 14 mai au 31 août 2015. Ville d’Ath, divers lieux (Belgique).














 





 











Onze jeunes sculpteurs venant de l’Académie Royale des Beaux-Arts de Bruxelles (ARBA) et une étudiante de l’École Supérieure des Arts de Mons se sont imprégnés de l’ambiance de la ville pour proposer des œuvres dans l’espace public qui questionneront notre rapport au gigantesque. Par un jeu d’échelle, leurs créations seront les interprètes poétiques et conceptuelles du rapport de l’Homme avec la démesure, en passant du gigantesque au minuscule.

 

Dans la cour du Château Burbant, l’atmosphère minérale est transformée par une impression végétale. Didier Mahieu dresse le décor : tel un simulacre de la nature, un arbre joue avec les apparences. Son tronc s’élance, emmène le regard vers les branches qui découpent l’espace et se déploient toujours plus haut. Chaque visiteur devient arpenteur et incarne l’unité de mesure servant à saisir la grandeur de son environnement. Cette pièce n’en demeure pas moins le produit de l’artiste qui affirme l’oeuvre en tant qu’image. Dès lors, l’envers du décor devient le sujet et place l’arpenteur au sein d’une nature bâtie d’artifices.


Conter, jouer des histoires comme celle de Goliath ou de Jack ; imaginer, échafauder des hypothèses ; c’est ce que nous faisons tous les jours pour éviter le vide de la page blanche. De l’osier utilisé pour la jupe de Madame au bambou des échafaudages de l’orient, de la surface d’un grand mur blanc à une structure colonisée par la végétation, de la culture populaire athoise à l’histoire de Jack et son haricot magique, il n’y a qu’un pas... Un pas de géant ! L’installation de Dominique Dupuis, L’échafaudage, nous invite à imaginer une autre façade de la maison, à y entrer par de nouvelles ouvertures, mais aussi, à jeter un regard vers le haut, sur ce pignon qui semble presque infini, pour nous hisser vers un monde imaginaire.


Le promeneur découvre au fil de son parcours les Portes des plus petits, logées çà et là par Donatienne Grégoire discrètement au bas de façades. Situées à proximité des portes « normales », elles en sont les réductions minutieuses. Elles semblent s’entrouvrir pour donner accès à un monde mystérieux où vit un petit peuple. Plus proche de la terre, ils garnissent leurs portes de végétations, parfois fleuries.


À une échelle différente, des réseaux existent tant dans la ville (ses rues) que dans une feuille d’arbre (ses nervures). Ce projet fait coexister deux territoires opposés : l’urbain et le végétal. Ainsi, la carte d’Ath prend la forme d’une feuille et le traditionnel « Vous êtes ici » est métamorphosé en plantes rouges par l’artiste Elisabeth Creusen. Cette feuille de bois permet aux visiteurs de se situer dans l’espace, d’envisager un itinéraire dans ce réseau végétal et de vivre une expérience poétique de la ville.


L’articulation d’éléments végétaux disparates ouvre la voie d’un univers à la croisée des mondes du vivant. L’hybridation des formes végétales et du spectre animal s’entrelace avec le monde des géants, des humains. Dans ce parcours labyrinthique, le spectateur est amené à découvrir de nouvelles espèces de plant-imales encore insoupçonnées : les Anomalia de la nature inventées par Anna Connier. Discrètes et précieuses, elles naissent et meurent sous l’oeil de l’explorateur qui survit de notre enfance. Retrouvez-les, installées tout au long de la Triennale, dans l’office de Tourisme et derrière les vitrines des particuliers et commerçants.


Sur un tronc, des marches inégales creusent un escalier. Celui-ci s’élève en spirale avec sa force végétale, dessinant un lien primal entre la terre et les dieux. Cette taille brute crée le lien : de la colonne sans fin de Brancusi aux échelles dogon qui lèvent les bras pour demander la pluie, l’Escalier de Nathan Giroul appelle la bienveillance des géants…


Une carcasse de maison envahie d’une épaisse végétation. Un surplus végétal élaboré par Sophie Bosman s’échappe par les ouvertures en façade et vient gonfler des grillages accolés à l’habitation. Des lianes émergent de la toiture, ressortent par certaines fenêtres et semblent terminer d’enserrer le bâtiment. Frein à la croissance anarchique de la végétation ou matérialisation d’un rayonnement végétal puissant… Un curieux mélange de naturel et d’artificiel. Cette installation nous interpelle : l’humain est-il capable de maîtriser la nature ? Jusqu’où celle-ci pourrait-elle s’étendre ou reprendre ses droits ?


Goliath est un personnage effrayant et redoutable que la tradition locale a rendu sympathique, jusqu’à le faire aimer par tous ses habitants. Mais pourtant, chaque année, ils le tuent lors de la reconstitution du combat de David contre Goliath. Aux abords de la ville, on découvre la vaste installation de Matzua Nicolas Miranda, la Chute de Goliath, trace oubliée de ce personnage légendaire que la tradition condamne à renaître et mourir sans fin tous les étés…


Enfin, la sculpture de Thomas Canon, La naissance d’un géant, évoque la ferveur les Athois pour leurs géants : une tradition bien vivante qui rassemble les habitants dans la fête et un formidable élan de solidarité pour mener à bien cet événement annuel. Cet hommage à la population représente une multitude de petits personnages entrelacés qui s’unissent et se mettent en mouvement pour construire et déplacer un géant.



Menée en partenariat avec le Service des Espaces Verts de la Ville d’Ath depuis 2009, la Triennale investit la cité avec des œuvres originales et valorise le patrimoine matériel tout en y intégrant le végétal. Certaines œuvres intégrées dans l’espace public deviennent pérennes et contribuent à l’évolution du paysage urbain. Vous les croisez certainement sur votre chemin… On peut citer le Courant de verre d’Angelika Bail, un cours d’eau virtuel dans le lit asséché de la Dendre, symbolisé par un flot de bouteilles en verre. Ou encore les fourmis géantes d’Anne Krug qui escaladent l’arrière du Palace, et The wall installé par Adam Weiner à l’Esplanade.

 








Triennale de l’art et du végétal, Ville d’Ath (Belgique)

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