Archives 1er semestre 2013

N S Harsha, Tamasha
Production DAAD, Berlin (Allemagne)

24.04 - 31.07.2013



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Traduction du communiqué de presse E-Flux

 

En collaboration avec la galerie en façade de Kule e.V, le programme DAAD Artistes à Berlin a lancé une série de projets d’art public sur les façades des bâtiments du Auguststr. 10, au centre de Berlin. À la suite du projet de Martha Rosler et Josh Neufeld en 2011, l’artiste indien N S Harsha invité par DAAD présente une nouvelle installation sculpturale, conçue spécialement pour ce lieu.


N S Harsha est connu dans le monde entier pour ses peintures, dessins et installations, ainsi qu’à travers de nombreux projets in situ. Avec son vocabulaire de formes poético-conceptuelles, Harsha associe des références politiques et sociales à des formes d’art populaire et traditionnel. Ses images détaillées représentent des microcosmes de la vie reliant des éléments traditionnels et locaux comme la représentation de rituels avec des images et des sujets d’actualité associés à l’humanité. Ces liens offrent un commentaire subtil et souvent humoristique sur notre époque.






© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2013. Tous droits réservés

Exposition du 24 avril au 31 juillet 2013. Façade de l’immeuble Augustrstr. 10, Berlin. Vue à toute heure en espace public.
Berliner Künstlerprogramm / DAAD, Markgrafenstr. 37 - 10117 Berlin (Allemagne)


Tamasha, installation de N S Harsha, Berlin

L’installation - ou groupe de sculptures - de Tamasha montre un groupe de singes qui sont en train d’escalader, d’assiéger et d’investir l’immeuble du 10 Auguststrasse. « Tamasha » est le terme commun en Hindi, Urdu ou Marathi qui désigne familièrement le grand spectacle, la performance ou la fête, mais aussi le tapage, le tumulte ou l’agitation. Les sculptures des singes, qui sont réalisées avec la précision d’un dessin, évoquent les langurs gris, également appelés langurs Hanuman depuis que ce dieu hindou populaire a pris leur forme. Ces singes sont considérés comme des animaux sacrés, mais sont également réputés comme de grands pillards qui vivent en groupe et mènent de féroces luttes de pouvoir. Dans l’installation de N S Harsha, les longues queues des singes s’étendent sur la façade de l’immeuble comme un réseau, étroitement liées les unes aux autres et emmêlées à leurs extrémités.


Les allusions à la vénération des singes sacrés et au fléau des singes dans la vie réelle quotidienne en Inde sont ainsi associées au vieux mythe allemand du roi des rats. Ce phénomène rare désigne des groupes de rats des villes dont les queues se nouent entre elles (par exemple à cause d’hibernations dans des lieux trop étroits) qui, selon la légende, a également fait que des queues de rats vivants se développent réellement ensemble. Les découvertes de rois des rats ont été interprétées comme un présage de fléaux et de maladies imminentes. Ces formes qui donnent le frisson ont aussi inspiré de nombreux artistes. L’image de la société qu’en retient Harsha dépeint les groupuscules sociaux qui manifestent en public à travers une dynamique de jeu et de groupe en tant que forces collectives résultant de dépendances spatiales et géographiques, d’imbroglios, de luttes de pouvoir et d’agitation.