Expositions en cours

Paradise Kortrijk 2021

Courtrai, divers lieux (Belgique)

26.06 - 24.10.2021

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Communiqué de presse


Du 26 juin au 24 octobre 2021 se déroule la deuxième Triennale de Courtrai : Paradise Kortrijk 2021. Paradise Kortrijk 2021 succède à Play Kortrijk 2018, l’événement artistique interactif imaginé il y a trois ans à Courtrai. Avec plus de 175 000 visiteurs, l’événement a été un véritable succès. La deuxième édition conserve la recette du succès - une exposition urbaine dynamique et gratuite avec des œuvres d’art interactives réalisées par une liste ambitieuse d’artistes belges et internationaux dans divers lieux intérieurs et extérieurs de la ville de Courtrai - et se concentre cette fois sur le rêve utopique du paradis.

 













































 










































































Paradise Kortrijk 2021, Courtrai, Belgique - divers lieux

Les commissaires Hilde Teerlinck (Fondation Han Nefkens) et Patrick Ronse (Be-Part, plateforme d’art contemporain) ont sélectionné 32 artistes contemporains - dont 9 Belges - qui présentent chacun leur propre interprétation du concept de Paradis. Parmi les artistes figurent de nombreux noms connus : Berlinde De Bruyckere, Jeremy Deller, Kendell Geers, Ugo Rondinone et Yoko Ono. Paradise 2021 présente aussi les œuvres du duo de designers Viktor&Rolf, du scénographe Albert Dubosq et du chorégraphe William Forsythe, entre autres. 44 oeuvres sont exposées en intérieur et en plein air dans 22 emplacements de Courtrai. Les artistes ont le pouvoir de nous engager d’une manière personnelle et de refléter notre situation ou notre condition. Ils nous poussent ainsi à réfléchir et déclenchent des changements dans nos actions. La participation du public est essentielle : les visiteurs interagissent activement avec l’œuvre d’art. L’occasion pour eux de changer leur façon de penser, tant dans leur introspection qu’envers notre société actuelle.


La représentation du paradis pose principalement la question de savoir comment créer une société meilleure pour tous.

Depuis des siècles, des penseurs utopiques analysent et construisent de nouveaux modèles sociaux et poli- tiques censés ouvrir la voie à ce futur paradis. De tout temps, des philosophes, des poètes, des architectes et des artistes des quatre coins du monde ont été fascinés par le besoin humain d’imaginer, de concevoir et de définir un monde idéal. Notre société actuelle semble pourtant animée par la peur et l’anxiété. Nous avons brusquement été secoués par les changements climatiques imminents et nous sommes confrontés à une vision catastrophique et dystopique de l’avenir. L’extinction de l’espèce humaine nous paraît, pour la première fois, presque concrète. Alors que les idéaux de la génération « flower power » étaient encore empreints d’espoir et de foi, nos rêves semblent désormais tourmentés par une pensée négative. Comment pourrait-il en être autrement à l’heure où nous devons quotidiennement faire face à ces sujets ?


Nous avons donc plus que jamais besoin de penseurs créatifs et utopiques. Les artistes développent et analysent depuis longtemps différentes manières de créer une utopie, en proposant des alternatives artistiques au fonctionnement actuel de notre société. Leurs créations soulèvent des questions sur le développement rural et social, sur la perte de nature à grande échelle et sur l’impact du progrès technologique sur notre vie et notre environnement. Bon nombre d’entre nous sont des citadins. La ville est devenue notre nouvel habitat naturel; un lieu conçu et dessiné par des architectes et des urbanistes qui fondent leurs projets sur les concepts de base d’une utopie. Les gens ont toujours voulu créer un contexte urbain idéal, basé sur les besoins contemporains de la société, afin de garantir une vie meilleure à l’homme. Ces besoins sont toutefois limités dans le temps et peuvent varier très rapidement lorsque des con- flits armés ou des changements climatiques provoquent une vague de migration ou lorsque la croissance démographique augmente de manière exponentielle.


La crise climatique met en évidence les différences fondamentales entre la nature et la nourriture. L’effondrement des systèmes écologiques figure en bonne place dans les agendas politiques. Est-ce trop tard ou avons-nous encore un peu de temps devant nous ? Dans notre société actuelle, nous devons tenir compte à la fois du cadre de l’économie mondiale et des priorités en matière d’écologie. Le changement climatique est un problème urgent qui nécessite une coopération et une action à l’échelle mondiale. L’avenir proche promet une nouvelle histoire, une réalité où la science et d’autres solutions de haute technologie permettraient de résoudre des problèmes mondiaux, sociaux et individuels critiques. Les idées utopiques existent depuis le XVIIe siècle. Les développements scientifiques et la technologie auront toujours un impact fondamental sur la vie contemporaine.


Quelques propositions de Paradise Kortrijk 2021


Depuis 1996, grâce à son oeuvre Wish Tree, Yoko Ono  invite  les gens  du monde entier à réfléchir à leurs souhaits personnels, à les écrire et à les accrocher à un arbre à souhaits. Ces voeux intimes lui sont transmis et déposés  dans  l’Imagine Peace Tower, une installation permanente qu’elle a créée en 2007 sur l’île de Viõey, en Islande, et qu’elle a dédiée à John Lennon, son mari assassiné.


Sur le toit de la tour Buda et de la Résidence Budalys, d’immenses néons aux couleurs vives et en forme d’arc-en-ciel ont été dressés à l’occasion de Paradise Kortrijk 2021. Ces néons surplombant la ville projettent les mots « long last happy » et « cry me a river ». Le célèbre artiste Ugo Rondinone présente à la ville de Courtrai ses arcs-en-ciel emblématiques rappelant le psychédélisme des années 60.


Dans Forêt océanique, Sarah Westphal réfléchit au présent à partir du cadre historique d’Albert Dubosq. Cachées du monde extérieur, la salle de bal et la scène se confondent au loin. Par un jeu de miroirs et de réflexions, d'étranges créatures émergent dans ce paysage surréaliste et le décor devient acteur. La réalité s’entremêle à l’illusion, la nature à la culture, les images analogiques aux images numériques. L’eau, la lumière, la poussière et les créatures non humaines enclenchent une performance fluide aux couleurs magnifiques. Le décor se transforme en un paradis sous-marin et magique où les pieuvres sont l'acteur principal. La pensée moderne qui entendait contrôler la nature cède la place à une autre vision où l’être humain n’est qu’une petite partie insignifiante d’un écosystème complexe de co-création.


À l’origine, les œuvres textiles de l’artiste japonaise Toshiko Horiuchi MacAdam n’étaient pas destinées à être touchées. Mais lorsque, dans les années 70, elle exposa dans une galerie de Tokyo une sculpture massive faite au crochet, elle vit deux enfants monter sans hésitation sur le filet. Celui-ci se mit alors à vivre, pour la plus grande joie de l’artiste et commença à tanguer et s’étirer. L’approfondissement de cette connexion directe entre l’art et la vie déboucha sur Playscapes, une œuvre impressionnante composée d’aires de jeu gigantesques, interactives, faites de mailles et de nœuds. En plein cœur économique de Courtrai, une structure joyeuse et tridimensionnelle intitulée Harmonic Motion II invite irrésistiblement petits et grands au jeu.


New Babylon, imaginée par Konstant Nieuwenhuys, est une société entièrement automatisée, habitée par des êtres humains aventureux qui jouent, découvrent ensemble leur créativité et mènent une existence féconde, nomade et en perpétuel mouvement. Il s’agit d’un réseau mondial de secteurs qui reposent sur des piliers. En dessous et au-dessus d’eux circulent toutes sortes de transports. Les espaces sont ouverts et communs, les Néo-Babyloniens peuvent y construire de nouveaux endroits et itinéraires à l’aide de murs, de sols, d’escaliers, de ponts et d’échelles mobiles. Dans New Babylon, l’individualité n’existe plus. Chacun est un artiste et l’espace social une oeuvre d’art collective.


Un mur en parpaings percé de quatre petites ouvertures encercle un grand chêne des marais qui tourne sur lui-même. Ses embrasures basses sont orientées vers les points cardinaux, elles portent chacune un monogramme : Nord, Est, Sud, Ouest. Stief DeSmet aime utiliser des matériaux fabriqués industriellement, ici, des parpaings et du bronze, et les associe avec des éléments naturels, un arbre et un jardin, pour illustrer la friction entre nature et culture. Pour son installation Kompas, il s’inspire d’icônes appartenant à la mémoire collective. Ainsi, l’arbre fait référence à l’image archétypale du paradis et à son architecture que décrivent parfaitement l’Utopia de Thomas More et le thème iconographique de l’Hortus Conclusus (« jardin enclos », en latin). Cet arbre symbolise l’arbre de la connaissance du bien et du mal, planté dans le jardin d’Eden.


Ryan Gander donne vie à ses assertions “le temps et l’attention sont notre plus grande richesse” dans ses installations disséminées dans la ville. Les oeuvres Spending Time (2021) ou « dépenser du temps » et Saving Time (2021) ou « sauver du temps » sont des distributeurs automatiques qui n’acceptent que l’argent liquide. Pour un prix fixe à 2 euros, différents objets sont vendus de manière aléatoire sur le thème de « l’économie du temps, de l’argent et de l’attention ». Celui qui dépose de l’argent dans la machine peut devenir propriétaire d’une pierre que les enfants de l’artiste ont ramassée sur la plage, d’un moulage en jesmonite noir de l’une de ces pierres pourvues d’une montre numérique ou de moulages en porcelaine gravés soit d’une balise de géolocalisation avec des coordonnées GPS, soit du numéro ISBN d’un livre, soit d’une date qui marque un moment important de l’histoire contemporaine. Advice from the artist’s father (2021) répartit dans la ville différents messages et conseils que le père de l’artiste lui a transmis lorsque ce dernier était enfant. Pour ne pas oublier de « s’approprier le temps et de l’apprécier ».


Dans sa première série de dessins Zonder titel, 1994 qu’elle nomme désormais dekenvrouwen, Berlinde De Bruyckere introduit la figure humaine dans son œuvre. S’ensuivent des sculptures comme Spreken, 1999. Deux êtres sont représentés à taille réelle, bras et jambes apparents. Le reste des corps est invisible. Berlinde De Bruyckere choisit des matériaux doux comme la cire, la fourrure ou les couvertures. Les couvertures procurent de la chaleur mais peuvent aussi servir à se cacher ou se protéger. La dualité de la protection et de l’étouffement, de la sécurité et de l’étanchéité est tout entière contenue dans cette image. Dans Spreken, 1999, deux personnages se penchent l’un vers l’autre. Leur tête repose sur l’épaule de l’autre, comme s’ils cherchaient à se réconforter mutuellement. « On me dit souvent que mon travail porte sur la mort, la difformité et la destruction, mais il y a aussi de l’espoir et de la beauté, dit Berlinde De Bruyckere. C’est ce que je veux montrer pour l’essentiel. »


Avec The Wonderful World of Abstraction, Jacob Dahlgren invite le public à disparaître dans une mer de rubans colorée. Vue de l’extérieur, l’oeuvre prend vie grâce aux allées et venues des gens dans les méandres des champs de couleurs. En pénétrant dans l’oeuvre, le visiteur est totalement englouti et dissimulé. L’abstraction pure et dure cède la place à un univers enchanté et bariolé qui laisse le visiteur s’égarer dans le monde somptueux du toucher et de la texture. L’artiste utilise des collections répétitives et omniprésentes d’objets produits industriellement, comme les rubans de satin. Par leur répétition, ces objets abandonnent leur fonction pratique originale pour devenir des oeuvres d’art abstraites géométriques. L’artiste nous révèle la beauté qui se cache dans la vie quotidienne.


Dans Towards Paradise (2021), l’artiste Josep-Maria Martín, l’architecte Alain Fidanza, le musicien Carlo Vitali et la troupe musicale Respiro Dell’Arte célèbrent « l’eau comme la source de toutes les formes de vie » et notre création cosmologique. Là où se trouve l’eau commence la « civilisation ». Une ville ou une culture s’y développe. Sur l’eau qui jaillit de l’ancien étang au centre de la tour d’artillerie, un oeuf en or danse. Pour l’artiste, l’oeuf illustre comment chaque cellule est une vie à part entière et une source de renouvellement de la vie. L’oeuf symbolise les changements cellulaires à l’origine de l’évolution biologique. Conscient que l’évolution n’est possible qu’avec et par la crise et l’amour, Martín tient à transformer les vestiges du réservoir d’eau situé dans les remparts et de faire de ce « lieu de guerre » un « lieu d’amour ».


« Word maar snel beter » (« Bon rétablissement »). C’est un message réconfortant pour ceux qui le lisent et qui en ont besoin. L’oeuvre d’art est une affiche inspirée d’un dessin de Lily van der Stokker qu’elle a esquissé en 1992. Elle trace au feutre des motifs joyeux, des fleurs, des nuages et d’autres ornements. Elle y accole des phrases courtes, immédiatement reconnaissables, telles que « Het ga je goed » (« Prends soin de toi »), « Get well soon » (« Guéris vite ») ou « Word maar snel beter » (« Bon rétablissement »). Ces dessins réunis forment la série Whishing You Well.


Liste complète des artistes : Albert Dubosq / Art Labor / Collective V / Aziz Hazara / Berlinde De Bruyckere / Bruno V. Roels / Choi Jeong-Hwa / Constant Nieuwenhuys / Dora García / Jacob Dahlgren / Jaro Varga / Jeremy Deller / Joris Van de Moortel / Josep-Maria Martín / Klaas Rommelaere / Kendell Geers / Lhola Amira / Lily Van der Stokker / Luc Deleu / Michelangelo Pistoletto / Olaf Nicolai / Robert Devriendt / Ryan Gander / Sanam Khatibi / Sarah Ortmeyer (/ Sarah Westphal / Stief DeSmet / Sven ’t Jolle / Toshiko Horiuchi MacAdam / Ugo Rondinone / Viktor&Rolf / William Forsythe / Yoko Ono.





















Exposition du 26 juin au 24 octobre 2021. Point d'information : Grote Markt z/n – 8500 Courtrai (Belgique). Ouverture du mardi au dimanche de 10h à 17h.






 







 











 





 



























 





 











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