Expositions en cours
Communiqué de presse
Le Musée cantonal des Beaux-
La pratique d’Erin s’articule autour de l’installation, de la sculpture et du son. Intéressé par la notion de contact dont les objets portent la trace, attentif à la relation entre intérieur et extérieur ainsi qu’à la frontière mouvante qui les sépare, l’artiste explore ce qui se déploie ou échoue lors d’un échange. Les questions de circulation et de partage sont au cœur de sa réflexion. Ses objets trouvés et ses sculptures minutieusement façonnées recèlent à la fois les fils d’histoires entremêlées et les indices de récits en devenir. Inspiré par les penseurs de la créolisation et revisitant son héritage martiniquais à travers le prisme de son lien avec la terre et la végétation qui y croît, l’artiste procède par associations, réappropriations et glissements, permettant ainsi l’émergence de nouvelles possibilités dans l’espace d’exposition.
Le titre de l’exposition, La ronde évoque la déambulation dans le jardin à l’aube. Il renvoie aux rythmes des saisons et de la végétation sous différentes latitudes, mais aussi aux diverses échelles temporelles qui se superposent en un même lieu : le temps long de la nature aux prises avec le rythme accéléré de son exploitation et de sa transformation, ainsi que le temps de l’histoire coloniale et ses ramifications dans la réalité et l’imaginaire du présent. Les matériaux utilisés par l’artiste — qu’il s’agisse de bronze, de sable brûlé ou de gaines de câbles — véhiculent et condensent des questions de temporalité et de circulation : d’un état de la matière à un autre, d’un lieu à un autre, d’une époque à une autre.
Des pétales de bronze, formés par la coulée de métal en fusion depuis un creuset, sont disposés sur les murs ; certains tombent au sol à intervalles irréguliers. Assemblés en formes florales par des gaines de câbles colorées, les pétales évoquent un jardin en fleurs. Par leur matérialité, ces pétales de bronze qui chutent rappellent également d’autres types de chutes : celles de monuments en bronze qui, sans la volonté collective de les maintenir debout comme symboles de violentes histoires coloniales, finiraient par s’effondrer d’eux-
Le mouvement se lit dans les objets, même lorsqu’ils sont immobiles. Dans Ti Biten (2026), le bronze subit une métamorphose constante au contact de matériaux instables et mouvants : sable brûlé, graphite et électricité. Le titre même de l’œuvre est évocateur. « Ti biten » signifie « une petite chose » en créole et résonne avec le mot français « butin » — une allusion à la fois à ce qui est récupéré et à ce qui est pris par la force. Il est donc toujours question de circulation — de mots et de biens, de ce qui est dérobé et de ce qui est restitué (ou non). Pourtant, de cette circulation, qu’elle soit volontaire ou forcée, naît invariablement une forme de lien.
Commissariat : Nicole Schweizer, conservatrice pour l’art contemporain, MCBA
Biographie
Lucas Erin (né en 1990, vit et travaille à Lausanne) a présenté des expositions personnelles notamment chez Kissed Then Burned à Genève (2025), à La Salle de bains à Lyon (2024), chez di volta in volta art à Paris (2024) et chez All Stars à Lausanne (2021). Il a également participé à de nombreuses expositions collectives, notamment au MCBA (Lausanne), à Circuit (Lausanne), au Helmhaus (Zurich) et au CAPC (Bordeaux).
Diplômé en arts visuels de l’École cantonale d’art de Lausanne (ECAL) en 2016, il s’est investi dans la scène artistique indépendante en tant que cofondateur de la Happy Baby Gallery (Crissier, 2013–2016) et membre de l’équipe de La Colonie à Paris (2016–2020). Il a également co-
Lucas Erin, Canton Suisse, Man Enmen’w, 2008. Sculpture by Richard Fidelin, Petite Suisse, at Morne-
Exposition du 28 août 2026 au 14 février 2027. Musée cantonal des Beaux-
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