Archives 1er semestre 2013

Limites (non)naturelles
Austrian Cultural Forum, New York (USA)

23.01 - 01.04.2013


Précédent Suivant

English


Traduction du communiqué de presse E-Flux


Cette nouvelle exposition collective rassemble différentes réactions artistiques aux effets aliénants de l'exploitation globale illimitée des ressources et offre un aperçu du déni et de la myopie des réponses politiques actuelles à ce qui apparaît de plus en plus comme une crise perpétuelle. (Un)Natural Limits donne la parole à divers groupes, chercheurs et artistes qui cherchent à interrompre les évolutions auto-destructrices et narcissiques des implications dans la société.




Exposition du 23 janvier au 1er avril 2013. Austrian Cultural Forum New York, 11 East 52nd Street – New York, NY 10022. Tél. : 212 319 53 00. Ouverture tous les jours de 10h à 18h. Entrée libre.





Limites (non)naturelles, Austrian Cultural Forum, New York

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2013. Tous droits réservés

L'exposition entretient une ambiguïté profonde envers l'héritage moderniste de l'expansion sans frein et de la prospérité sélective, alors que nos systèmes sociaux et politiques commencent lentement à affronter les limites de la croissance et de la durabilité. Chaque artiste ou collectif pose un défi aux limites de perception qui conditionnent notre compréhension du monde : d'une part, la perspective limitée pour l'action, la compassion et le changement, de l'autre, le moteur sans limites des ressources et du capital sous toutes leurs formes. Une inversion est nécessaire : c'est la compassion qui verait être illimitée.


L'exposition présente une installation de l'artiste Thomas Hirschhorn intitulée Resistance-Subjecter (2011) qui avait été initialement présentée comme un élément de son œuvre Crystal of Resistance à la Biennale de Venise en 2011. Les corps de huit mannequins semblent avoir été infestés et rongés par des cristaux vieux d'un million d'années. Il nous reste à deviner si les cristaux ont été produits dans le corps et représentent un matériau résistant à des habitudes culturelles, économiques, sociales, écologiques et esthétiques, ou si c'est le corps qui a été produit par les cristaux, les accueillant désormais afin de résister à l'époque blasée dans laquelle nous vivons.


Invasion (2005-2011) de l'artiste autrichien Lois Weinberger joue également avec les limites de l'organique et du non-organique. L'oeuvre est une synthèse frappante de nature et d'artificiel. Elle se compose d'un groupe de champignons qui montent, font saillie et semblent traverser les murs de la galerie de l'Austrian Cultural Forum. Mierle Laderman Ukeles s'est également engagée dans l'étude des limites souvent arbitraires entre écologie et fonctionnement économique dans le paysage urbain. Dans sa performance d'une année documentée dans Touch Sanitation Performance (1977-80), Ukeles serre la main de 8.500 employés sanitaires, attirant l'attention sur le point vulnérable écologique de New York et se travailleurs souvent socialement stigmatisés.


Dans Experience Climate Change As... (2009), le collectif danois Superflex montre une série d'hypnoses offertes en conjonction avec les passés et futurs sommets internationaux sur le changement climatique. Les participants peuvent expérimenter le changement climatique en endossant l'apparence d'un animal particulièrement en voie de disparition, dans une action relativement ludique qui rappelle néanmoins la relation sérieuse entre les limites naturelles des écosystèmes mondiaux et la capacité illimitée des puissances mondiales de surseoir à l'action. L'épuisement des sites naturels est documenté par Mathias Kessler dans son immense papier peint représentant un quartier de zone commerciale minier en Virginie Occidentale. Les collines creusées apparaissent en globalité sèches et malades. Avec une ironie grave, le seul vestige encore présent dans ce paysage sans vie est un cimetière, désormais encore plus coupé du vivant.


Enfin (Un)Natural Limits présente le document Periferry sur un ferry traversant le fleuve Brahmapoutre en Inde. Ce projet de Desire Machine Collective offre un espace d'expérimentation et de nouvelles approches de media pour le public et la communauté artistique, répondant aux préoccupations locales et visant à l'émancipation de la communauté et à la récupération de l'espace public, tout en se connectant au monde dans son ensemble.


Commissaires d’exposition : Dieter Buchhart & Arnaud Gerspacher