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Le paysage : Transformation d’un concept

Neue Galerie Graz, Graz (Autriche)

19.06.2015 - 06.09.2017

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Traduction du communiqué de presse E-Flux


Le terme «paysage» peut être compris de nombreuses façons différentes, à la fois à l'intérieur et à l'extérieur du propos artistique. Il peut se référer au réel environnement de vie d'un individu ou à un lieu visité par les touristes ou utilisé pour le tourisme. Il peut se référer au territoire dans les recherches de différentes disciplines, ou au territoire qui est modifié ou utilisé à des fins diverses.


Le "Paysage" peut définir un endroit doté de fortes connotations émotionnelles et politiques. Toutes ces connexions fonctionnelles ont conduit à différentes images et manifestations artistiques- la peinture de paysage n’en est qu’une des nombreuses approches.

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Exposition du 19 juin au 6 septembre 2015. Neue Galerie Graz, Joanneumsviertel – 8010 Graz (Autriche). Tél. : +43 316/8017 9100. Ouverture du mardi au dimanche de 10h à 17h.




















 





 











Le paysage : Transformation d’un concept, Neue Galerie Graz

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2015. Tous droits réservés

Pour cette raison, l’exposition ne vise pas à donner un aperçu du style de l'histoire de la peinture de paysage pour la période représentée par la collection de la Neue Galerie Graz, qui va de 1800 à nos jours. Le but de cette exposition est beaucoup plus large car elle utilise des oeuvres de la collection pour appréhender les interactions complexes entre la représentation du paysage et la perception et la compréhension de la nature et de la réalité. À cette fin, deux périodes temporelles, avec une centaine d’années d'intervalle et apparemment sans lien, sont mises en relation. Ces deux périodes sont la première moitié du 19e siècle et la période d'environ 1960 à aujourd'hui. Cette juxtaposition révèle non seulement des différences mais aussi des parallèles surprenants entre les deux époques.


Au 19ème siècle, les images scientifiques et artistiques de la nature se sont connectées en de beaucoup plus diverses manières que ce qui était le cas auparavant. Ce processus a continué depuis à se densifier et à se spécialiser. Par exemple, la construction des chemins de fer au début du 19e siècle, la mesure par satellite de la terre (GPS) au 20ème siècle et les images qui en ont résulté (par exemple la série de lithographies Railway Suite de Joseph Kuwasseg et Google Earth) montrent comment les nouvelles technologies modifient à la fois la fonction et les images du paysage. Le paysage représente toujours l'entité symbolique de la nature ainsi que les schémas culturels d'appropriation. Sa représentation est le résultat d'un réseau diversifié de connaissances de l'époque respective. Les médias technologiques – la photographie, le film, la vidéo et les ordinateurs - ont contribué à représenter la nature de manière documentaire et scientifique, contribuant à un changement dans la réalité. Tout cela révèle que la nature et le paysage sont des constructions de la réalité: une carte ne montre pas un pays mais plutôt le construit. Dans le laps de temps thématisé dans cette exposition, l'art se révèle être une structure analytique de la réalité construite.


Présentant des œuvres sélectionnées à partir du 19ème siècle, le premier volet de l'exposition se concentre sur des sujets tels que la cartographie du paysage, l’idéologisation du paysage, l'idéalisation des Alpes, la nature autonome, des images montrant l’éloignement entre l’idéal et la réalité, la recherche géologique et la représentation visuelle (Thomas Ender, Friedrich Gauermann, Johann Kniep, Joseph Kuwasseg, Markus Pernhart, Joseph Selleny, Franz Steinfeld, Georg Matthäus Vischer, entre autres).


Dans la deuxième partie, des œuvres des 20ème et 21ème siècles fournissent des renseignements sur divers domaines de la recherche artistique: le voyage comme concept, l'influence du Land Art, le paysage en tant que texte, paysage comme construction sociale, le paysage en 3D, la peinture entre abstraction et réalisme ( Rosa Barba, Herbert Brandl, Christo, Peter Fend, Hamish Fulton, Jochen Gerz, Haus-Rucker-Co, Richard Kriesche, Petra Maitz, Alois Mosbacher, Walter Niedermayr, Franc Novinc, Max Peintner, Ed Ruscha, Paul Virilio, Peter Weibel, Erwin Wurm entre autres).


Commissaires d’exposition : Gudrun Danzer et Günther Holler-Schuster


Dans le cadre de l'exposition, deux autres artistes font l’objet d’une attention particulière: le photographe britannique Darren Almond présente sa série Amalfi Sketchbook (2014), avec des photographies en noir et blanc sur la base de dessins de paysages d’Italie du Sud que Carl Blechen avait créé en 1830 (commissaire : Peter Pakesch). L’artiste autrichien Wolfgang Temmel a produit un cycle de paysages nord-coréens (2012) - des paysages qui en réalité sont inaccessibles d’ordinaire aux touristes - en utilisant des images satellites de Google Earth et en les transformant en peintures acryliques (commissaire : Günther Holler-Schuster).












Franc Novinc, Morning, 1971. Photo: N. Lackner/UMJ.