Expositions en cours

Ingela Ihrman, L’océan intérieur

Der TANK, Bâle (Suisse)

03 - 22.06.2017

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Traduction du communiqué de presse E-Flux

 

La prétention selon laquelle les humains sont des animaux différents de tous les autres a d'abord été exprimée par Aristote. Il a formulé sa définition des êtres humains comme des «êtres vivants possédant un langage» (zon logon echon), qui plus tard, dans le passage du grec au latin, a acquis la forme classique de l'animal rationel. Mais la définition d'Aristote était clairement en contraste ou en réaction avec ses prédécesseurs, d'Homère à Empedocles, Parménides ou Démocrite, qui ne pouvaient tous se soucier de discuter des différences entre les différentes facultés des animaux, y compris les humains. L'attribution d'un pouvoir intellectuel à tous les animaux et aux plantes présente de nouvelles tendances très intéressantes sur la relation entre la pensée et la perception. Pour beaucoup, toutes ces idées, toutes ces expériences menées par des penseurs, ou par des artistes proposant d'être un animal ou une plante sont encore trop extravagantes, craignant de laisser derrière elles les vérités politiques telles que la gauche les comprend, en matière de conscience humaine et d’intérêt.














 


















































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Pendant des siècles, le langage et le travail ont défini la position de l'homme. Comment pouvons-nous abandonner cette position pour devenir une fleur? Même une fleur de la passion ? Mais Ingela Ihrman propose d'inverser ce sens, la personnalité culturelle de la fleur de la passion, humanisée par les prêtres espagnols du 17ème siècle qui l'ont ainsi nommée en Amérique du Sud. En appelant la fleur «La Flor de las Cinco Llagas», ou «La fleur aux cinq plaies», se référant à la souffrance du Christ, à sa Passion, elle l'insère dans le modèle logique de la transcendance, de la suppuration dialectique des sens terrestres, dans une souffrance qui transforme la douleur en gloire. Il semble donc être une très bonne idée d'aller à l'intérieur de la fleur, et non seulement l'observer ou la diriger, mais essayer d'inverser cette logique et de la rendre à un plan d'immanence, à l'ordre de la vie. Certes, nous ne pouvons pas effectuer cette opération avec tous les animaux et toutes les plantes, avec chaque créature vivante, y compris les humains, mais c'est une proposition incroyable à introduire dans notre imaginaire, pour nous persuader que nous devrions et pouvons faire une telle chose.

Dans le cadre de la série commandée au TANK, et grâce à une excellente collaboration à long terme avec NA! Fund, sont présentées de nouvelles œuvres de l'artiste Ingela Ihrman: une réplique portable d'une fleur de passion bleue (Passiflora caerulea); des copies de son journal Seaweedsbladet (la brochure d'algues), qui sera ensuite distribuée à tous les ménages du quartier résidentiel de Seved à Malmö, en Suède, où elle vit et travaille; une vidéo, collage d'enregistrements sous-marins réalisés à Neil Island, en Inde; une collection de fossiles de Scania rassemblée par des amateurs et une machine à brouillard.

Vous êtes tous invités à venir voir la fleur. Le bourgeon sera visible à partir du 3 juin, mais il restera fermé jusqu'au 13 juin, et ce jour-là, il va fleurir, et seront célébrés non seulement la fleur et le travail de l'artiste, mais aussi la notion que la perception se produit au moyen d'une légère mutation, dans laquelle le corps sensoriel acquiert quelque chose de la nature de ce qu'il sent. Car, dans ces termes, on ne peut pas considérer toute la structure de la sensation comme la perception d'une «passion». La sensation comme une fleur, en d'autres termes, peut être considérée comme le résultat d'une transformation fondamentale et nécessaire: l'une modifiant la cohérence de l’autre. La gauche l'appelle «tolérance», mais c'est un terme insuffisant. La fleur nous montre que nous avons besoin de plus que de «permettre», et c’est la véritable semence de formes futures de démocratie.

Commissaire d’exposition  : Chus Martínez, assisté de Simon Würsten



 











Ingela Ihrman, L’océan intérieur, Der TANK, Bâle

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2017. Tous droits réservés

Exposition du 3 au 22 juin 2017. Der TANK, Freilager-Platz 13 | Pavillon. Institut Kunst Hochschule für Gestaltung und Kunst FHNW - CH-4023 Bâle (Suisse).











 





 



























 





 











ArtCatalyse Expositions internationales Ingela Ihrman, The Inner Ocean (still), 2017. Under water video recording. Courtesy Ingela Ihrman.

Ingela Ihrman, The Inner Ocean (still), 2017. Under water video recording. Courtesy Ingela Ihrman.