Archives 1er semestre 2014

Didier Faustino, Buildering: Misbehaving the City
Contemporary Arts Center, Cincinnati (USA)
28.02- 24.08.2014

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Communiqué de presse Duende


Au sein de l’exposition « Buildering : Misbehaving the City » du
Contemporary Arts Center de Cincinnati, deux œuvres de Didier Faustino contribuent à redéfinir les frontières urbaines et corporelles, à exprimer sa vision transgressive de l’architecture et le détournement des codes de l’habitat, explorant ainsi les limites de la liberté physique et psychologique.











Didier Faustino, Buildering: Misbehaving the City

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2014. Tous droits réservés

Exposition du 28 février au 24 août 2014. Contemporary Arts Center, Lois & Richard Rosenthal Center for Contemporary Art, 44 East 6th St - Cincinnati, Ohio 45202. Tél.: +1 513 345 8402. Ouverture le lundi de 10h à 21h, du mercredi au vendredi de 10h à 18h, samedi et dimanche de 11h à 18h.


 






Traversant l’espace en diagonale, l’installation Point Break s’interroge sur la matérialité des clôtures métalliques et sur l’utilisation qui en est faite dans les villes et les banlieues américaines. Elle propose une critique formelle, en détournant ce matériau banal pour lui faire dessiner un passage. Les barrières se réfèrent à la propriété privée, fondamentale aux USA, et le passage qu’elles offrent ici reste extrêmement dangereux, exigeant du visiteur un risque physique qui le connecte à l’immigration illégale et à la notion de frontière. Transformant l’espace d’exposition en un territoire ambigu, Point Break se déploie tel un marqueur spatial, soulevant des questions à la fois sociales, politiques et psychologiques.


Avec Home Suit Home, Didier Faustino nous invite à pénétrer dans un monde dérangeant, ressemblant étrangement au nôtre mais hanté par un autre nous-mêmes à l’armure taillée dans le matériau le plus banal de notre propre foyer. L’œuvre mobilise les signes de notre environnement familier mais s’évertue à le retourner, littéralement, comme un gant, projetant le visiteur dans un univers instable. Elle joue sur les motifs de l’entrave, du déplacement, du renversement et revêt des traits charnels constitués de matériaux pauvres de nos habitats uniformisés. Etrangement inquiets devant nos appartements et nos bureaux, rendus soudain inhospitaliers, nous sommes amenés à penser aux vies qui animent nos décors familiers et aux frontières fictives qui prétendent séparer l’art de nos vies, les décisions politiques de nos modèles esthétiques. La réversibilité caractérise cette installation, où le foyer se trouve tour à tour désigné comme un habitacle à occuper et une destination impossible, où la figure anthropomorphe constitue à la fois un intérieur et un extérieur, un contenant et un contenu. Nos modèles d’habitation, notre façon d’organiser et de loger nos corps, nos édifices spectaculaires, les entraves opposées à nos chairs sont ici en cause. La combinaison de Didier Faustino radicalise l’intention architecturale, au point d’énoncer une critique catégorique des planifications du domestique.





Point Break, 2009 Didier Faustino © ADAGP. Courtesy of the artist and LA><ART, Los Angeles. Photo : Kelly Barrie

Point Break, 2009 Didier Faustino © ADAGP. Courtesy of the artist and LA><ART, Los Angeles. Photo : Kelly Barrie