Archives 1er semestre 2014

Andreas Mangione, le son est parti mais pas oublié
Signal - Center for Contemporary Art, Malmö (Suède)
21.02- 13.04.2014

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Traduction du communiqué de presse e-flux


Dans certaines régions du Japon, existe un conte sur la Yamabiko (l’Echo), un esprit qui habite dans les montagnes. Très rarement vu, mais le plus souvent entendu, c'est le Yamabiko qui vous répond quand vous criez. Il est l'incarnation de l'écho. Aujourd'hui, cependant, certains disent que la Yamabiko est au
bord de l'extinction. Ils disent que c'est parce que la nature est de plus en plus silencieuse. La question est de savoir si ils pensent au genre de silence qui apparaît quand il n'y a aucune écoute. Écouter n’est pas une compétence très appréciée dans notre société. Ce qui compte, c’est la parole et la rhétorique.












Andreas Mangione, le son est parti mais pas oublié, Signal - Center for Contemporary Art, Malmö

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2014. Tous droits réservés

Exposition du 21 février au 13 avril 2014. Signal - Center for Contemporary Art, Monbjougatan 15, entrance from the backyard - 21153 Malmö (Suède). Ouverture jeudi et vendredi de 12h à 18h, samedi de 13h à 17h, dimanche de 12h à 16h.



 






Maintenant, essayez d'imaginer une forme différente de l'écoute, une écoute qui se branche sur tout, du plus faible des sons au bruit le plus fort. Un type d'écoute qui ouvre un nouvel univers à la fois dans le son et le silence des objets. Une écoute qui peut s’appliquer à toutes choses, comme une nouvelle manière de voir.

Pour aborder une telle écoute , on pourrait par exemple commencer par le kōan suivant : Quel est le son d'une main qui applaudit ?

Un kōan est une sorte de déclencheur philosophique qui provoque le « grand doute » afin de tester ses progrès dans la pratique du Zen. Pour insister sur les détails à travers l'acte d'écoute, d'observation et d’examen attentif de toutes les choses autour de vous, se situe l'endroit où se déroule la pratique artistique d’Andreas Mangione. Une pratique où trouver des choses déclenche l'imagination, le rêve éveillé et le processus créatif. Comme une dérive. Il rassemble des choses, des restes d'actions, d'événements et de promesses non tenues oubliés entre les bâtiments de ses environs immédiats, les faubourgs de la ville. Ces restes, il parvient à emporter chez lui. Des parcelles insignifiantes de la société. Des morceaux de bois brûlés, des pierres, des fragments de béton, des morceaux de métal et de plastique , et ainsi de suite. Des formes et des objets trouvés qui réapparaissent ensuite dans ses œuvres. La coïncidence et un sentiment d'émerveillement quand une chose se produit pour ressembler à autre chose sont les points focaux dans sa quête pour ouvrir les différentes couches de sens dans les objets et les formes qu'il trouve.

Comme un sonar, Andreas Mangione scrute le terrain qu'il traverse dans ses promenades quotidiennes, sur les mêmes chemins à travers son quartier. Les restes, les petites pièces insignifiantes, attirent ses yeux et ses oreilles. Les détails de la vie quotidienne. Des fragments, mais aussi des vaisseaux pour des histoires inhérentes. Ces histoires sont ensuite assemblées, reformulées et narrées à travers la sculpture et le dessin. Une transformation continue, silencieuse, mais avec le fait d'écouter très présent.







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Photo : Andreas Mangione

Photo : Andreas Mangione