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 Oh ! Fourneau
  Saint-Hubert (Belgique) - 28.05 - 30.11.2011

Communiqué de presse

 

Lier, entrelacer, écrire : un autre regard sur le site

 

Cette initiative conjointe du Service de la Diffusion et de l’Animation culturelles de la Province de Luxembourg et du Centre d’Art contemporain du Luxembourg belge, en collaboration avec les Musées provinciaux du Fourneau Saint-Michel, propose une interaction féconde entre la création plastique contemporaine et le site du Fourneau Saint- Michel.

 

C’est à travers l’intégration pertinente d’oeuvres d’artistes contemporains confirmés ou en devenir, parmi lesquels trois de la province de Luxembourg, que cette exposition a été pensée autour des thématiques de l’entrelacement et de l’entremêlement : tel est le fil conducteur autour duquel s’articulent, côté Écriture, les œuvres présentées à l’intérieur des bâtiments et, côté Nature, les interventions paysagères disséminées sur le site. À l’entremêlement des lettres, des mots et des signes répond l’entrelacement des branchages, des plantes ou des herbes. Ce dialogue avec le Fourneau Saint- Michel est encore amplifié puisque, à leur tour, écriture et intervention paysagère s’entremêlent dans les oeuvres d’André Delalleau et de Jean-Pierre Husquinet, nouant ainsi le lien entre les deux démarches de création contemporaine présentées sur le site.

Lier le passé, écrire le présent, entrelacer l’avenir : plus que des voeux pieux ou des formules toutes faites, telles sont les forces à l’œuvre dans cette exposition, qui sont de nature à constituer les prémisses de cet autre regard

que nous vous invitons à poser sur le site du Fourneau Saint-Michel.

 

Texte (extraits) de François de Coninck

 

À l’extérieur

 

Jean-Pierre Brazs (F)

Dans son intervention sur le site, il est question d’ordre et de désordre, mais aussi de réalité et d’apparence. Jean-Pierre Brazs s’amuse à duper notre regard : il nous invite à nous déplacer et à nous orienter pour découvrir le seul point de vue où il nous faut chaque fois nous placer pour découvrir le cercle parfait qui émerge ainsi de ce qui, au premier coup d’oeil, n’était qu’un chaos disparate.

 

Myriam Roux (F)

Délaissant les usages traditionnels de la vannerie dans l’ordre bien réglé des besoins vitaux, Myriam Roux s’est engagée dans la voie improbable de son désir de tresser ses émotions. En supprimant le cadre, les tressages in situ d’herbes, de fougères ou de ronces révèlent le paysage en l’intégrant. L’oeuvre finie, c’est la nature qui en assure alors la continuité, pour un temps, poursuivant l’histoire et donnant à l’oeuvre une nouvelle dimension.

 

Stéphanie Jacques (B)

Autodidacte, Stéphanie Jacques développe un travail artistique lié au tressage de l’osier et à la taille du bois, dans des interventions in situ qui déclinent chacune une rencontre singulière avec l’un ou l’autre de ses Paniers : Panier-avec, Panier-mot, Panier-liens, Panier-désir, etc. Chaque panier tressé à même le tronc d’un arbre a sa forme singulière ; chacun occupe l’espace à sa façon.

 

Jean-Pierre Husquinet (B)

Believe it or (k)not : fragmentée en quinze lettres ligaturées de deux mètres cinquante de hauteur, l’installation matérialise cette phrase à la dimension et au contenu ambigu, puisqu’elle signifie Croyez le ou non, phonétiquement, mais avec un ajout qui en pervertit la lecture visuelle et lui donne un décalage subtil, en la transformant en Croyez le ou noeud – la langue anglaise étant utilisée ici parce qu’elle est la seule à permettre ce jeu sémantique

 

Roger Remacle (B)

Dans un travail qui vient nécessairement coloniser l’espace, l’artiste est attentif à la manière dont son œuvre contribue à singulariser et à révéler le contexte immédiat dans lequel elle prend place. Blanc et Noir : ces deux sculptures qui se présentent à notre oeil comme deux jets de peinture figée matérialisent le rêve de l’artiste : celui de jeter la couleur dans l’espace et de faire en sorte qu’elle reste là, immobile, pour simplement être regardée.

 

 

 

 

 

 

 

 


 

ArtCatalyse International
Oh ! Fourneau

Exposition du 28 mai au 30 novembre 2011. Musée Luxembourgeois du Fourneau Saint-Michel - Saint-Hubert (Belgique). Ouverture de 9h30 à 17h sauf le lundi du 1er mars au 30 novembre, en juillet et août de 9h30 à 17h30.

© ArtCatalyse International / Marika Prévosto 2011. Tous droits réservés

À l’intérieur

 

Alain Bornain (B)

Alain Bornain s’intéresse à tous les signes constitutifs d’un langage qui sont susceptibles d’être retranscrits et, en particulier, à tous ceux que produit notre époque moderne obnubilée par le chiffrage et l’encodage des données les plus diversifiées. Quels que soient le support utilisé et le procédé formel qui est mis en oeuvre, ses travaux

plastiques puisent leur matière première dans la profusion contemporaine de ces nouveaux langages ésotériques – codes binaires et génétiques.

 

André Delalleau (B)

S’arrêtant sur les poteaux de clôture en bordure du chemin qui mène de l’école à la porcherie, il a vite succombé aux formes naturelles de ces sculptures brutes. Elles lui ont offert un point d’accroche à son désir de saisir directement l’espace par la peinture, en l’installant littéralement dans un développement spatialiste in situ. Aussi a-t-il d’emblée décidé de souligner leurs formes naturelles par une peinture à la chaux, qui vient rafraîchir ce vert pâturage.

 

Sandra Folz (F)

Préoccupée de savoir ce qui s’écrit (ou non), elle nous invite, avec cet Alphabet en suspension, à nous reposer la trébuchante question du langage qui nous habite – et que nous tentons, à notre tour et avec plus ou moins de poésie, d’habiter. Réalisé à partir du dessin de l’agglomération des vingt-six lettres de l’alphabet superposées les unes aux autres, ce bloc de langage en puissance est suspendu au plafond à un moteur qui tourne très lentement sur lui-même.

 

Rohan Graeffly (B)

À l’horizon de ce travail plastique qui ne cesse de questionner la structure du langage, on retrouve une même ligne : celle qui court entre les thématiques de l’identité et du souvenir, avec lesquelles il aime jouer en estompant la frontière entre la fiction et la réalité des événements mis en scène. Dans ses récents travaux qu’il nous présente ici, il se fait plus iconoclaste et grinçant en portant un regard décalé sur les pouvoirs qui enferrent la condition humaine.

 

Myriam Hornard (B)

Une démarche intimiste et sensible constitue le fil rouge des broderies sensuelles, mutines, coquines et charmeuses de Myriam Hornard – comme de celles qui se montrent rudes, sèches, moins amoureuses, à l’occasion. Dans ce patient travail de la trame et du tissu, l’artiste opère un juste retour à l’origine étymologique du mot texte : à détricoter le mot, on apprend en effet qu’il provient du latin texere, qui veut dire tisser.

 

Archives expositions internationales 2011